Ce que le leader a à apprendre de la haute montagne

  • Publié le Publié le21 août 2016
De tous les lieux de ressourcement estivaux, la haute montagne a un caractère fascinant. Source de contemplation, de projets et défis, d’endurance, de projets collectifs, elle a tant à apprendre aux leaders.

 Comme un projet se façonne, une ascension s’envisage, se prépare. Le projet se choisit en fonction de l’équipe, des envies de chacun, de leurs possibilités, de leur condition, de leur motivation et détermination.

Le sommet est l’objectif, mais la préparation, le rêve, ce qui se vit sur le chemin et au cours de l’ascension seront tout aussi importants que son atteinte.

Si les conditions évoluent, il faut adapter l’objectif, le revoir, le faire évoluer.

Les alpinistes écoutent leur environnement, acceptent le réel qui permet ou contrarie le projet. Ils observent avec vigilance tous les signes qui les entourent. Le premier de cordée, attentif à chacun, sait aussi être présent à tout ce que son entourage physique et personnel lui donne comme repères. Il consulte très régulièrement ses « indicateurs » (état du ciel, de la glace, vent, altitude…), tout autant qu’il évalue l’état des personnes qu’il emmène vers le sommet.

Tenir compte des ressources de chacun, tout en ne perdant pas de vue le projet collectif, porter une attention à chacun sans pénaliser le groupe, challenger sans mettre en danger, encourager sans nier les difficultés, ce sont les dilemmes quotidiens de tout leader.

La cordée est solidaire, comme devrait l’être tout groupe projet, toute entreprise ou association, tout groupe humain fédéré par un projet fort et ambitieux. Tracer la route et faire marcher ensemble, au même rythme et dans la même direction, c’est ce qu’impulse un leader. Il invite à avancer pas à pas, parfois dans le brouillard, en ménageant ses ressources pour aller au bout, tout en encourageant le dépassement de chacun.

Il doit veiller à partir au bon moment, à trouver le bon tempo, accepter de ralentir ou au contraire à faire accélérer quand c’est nécessaire.  

Comme dans toute entreprise, le danger, en haute montagne, se trouve là où on l’attend pas. Souvent non visible, il exige du leader une capacité d’anticipation et de réaction fortes. Dépassant ses propres peurs, il demande une capacité d’écoute, d’observation, d’apprentissage rapide et l’humilité de revoir son analyse et son jugement si un événement vient perturber le projet. Même s’il consulte son équipe, c’est lui qui assume la responsabilité de sa décision dans l’adversité. Devant les autres, le guide est regardé : son comportement et ses réactions ont valeur d’exemple.

Avec lui, par sa sérénité et son sens des responsabilités, les équipiers vont faire confiance, lâcher prise, et obéir.  

Quel que soit le sommet atteint, le leader peut inviter régulièrement ceux qu’il entraine à sa suite à se retourner pour voir le chemin accompli, et contempler le cadeau de l’effort collectif et partagé.  

Flore Ozanne