Compte-rendu du voyage à Annecy du 12 au 14 octobre 2018

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Ce vendredi 12/10, nous étions 13 au départ de Solaize (Pierre et Dominique Boucot, Marcel et Yolande Brunel, Jean-Pierre et Mme Wauquier, Reynald et Denise Bonneau, Micheline Mayeur, Remy Marcelin et Mme, Gérard et Monique Sibourd). A la gare de Peyrache, nous avons retrouvéDenise Moutarde, Paulette Gaillard, Mme Cohenet nos 17 collègues du Club des Anciens d'IFP Rueil (Christine AJOT,Geneviève BESSEREAU, Jacques & Catherine BURGER, Ginette DESCHAMPS, Claude DUBOIS, Odile FOUCAULT,Madeleine & René KELLER, Colette  MICHAUD, Monique NGUYEN,Yvette PATERNOSTER & Michel DABET,Colette  POUSSIN, Mike PRICE & Muriel SEVIN,Odile SAVOIE & Claude DUBESSET).

Vers 10h30, nous avons pris la route vers Annecy, le ciel était bleu, le soleil brillait, Reynald faisait quelques commentaires informatifs au fur et à mesure de la traversée de Lyon : voici la Brasserie Georges, le musée des Confluences, les usines chimiques de St Fons... A 12h30 nous arrivions à notre résidence Les Balcons du Lac dominant Sevrier sur la rive ouest. Par un temps splendide, la vue sur le lac d'Annecy et le massif des Aravis étaient superbes. Le site nous a tout de suite séduit, bien que n'étant pas tout seuls (4 ou 5 cars étaient déjà là). Nous avons été invités à prendre le repas dans la grande salle avec vue panoramique. Nous n'avons pas eu à nous plaindre de la restauration qui était de qualité et abondante (trop) et avec toujours une touche régionale. 

Puis nous avons rejoint le car où Christian, notre chauffeur un peu bougon, mais très attentif à ce que tout se passe très bien, nous attendait ainsi que notre guide Virginie, pour le circuit vers Thônes, Le Grand Bornand et le Col de la Colombière. Elle nous a enchantés, en nous faisant partager sa passion pour sa région, ses montagnes et ses connaissances sur la vie de la montagne. Ainsi nous avons appris que Walt Disney s'était peut-être inspiré du château de Menthon St Bernard pour imaginer celui de la belle au bois dormant ; que le reblochon, la spécialité de Thônes, ne se faisait qu'avec le lait des vaches de races Tarine, Abondance et Montbéliarde. La Tarine est une vache de couleur entièrement brune, de petite taille, adaptée aux fortes pentes de la montagne (à ne pas confondre avec le Dahu qui a une patte plus courte que l'autre), l'Abondance, race régionale de savoie, qui est plus corpulente, qui reste sur les pentes moyennes à fortes. Elle est brune également avec une face blanche et des lunettes marrons autour des yeux. Quant à la Monbéliarde, c'est une vache de plaine ou de faible pente, plus grosse, avec un pelage fait de grosses taches blanches et brunes. C'est aussi la plus prolifique en lait ! Quant au nom de « reblochon » il vient du terme « reblocher » ou traire une 2ème fois. En effet, c'est ce que pratiquaient les éleveurs, après avoir fait une 1ère traite pour la vente, ils se gardaient le lait de la 2ème traite, plus gras, pour faire le fameux « reblochon » ! Nous avons appris des tas de choses sur l'urbanisation gallopante, le prix au m2 proche de celui des beaux quartiers parisiens, les toitures en bois des chalets : les bardots ou tavailons, lames de bois de 40-45cm d'épaisseur constante des chalets de Manigod dont la durée de vie atteint 30 à 40 ans – ou l'Ancelle, lame de bois de 80cm, effilée vers le haut et qui peut-être partiellement réutilisée après 30 ou 40 ans de loyaux services!)(ref :http://www.haute-savoie.gouv.fr/content/download/15251/89752/file/12_vocabulaire.pdf). On a également pu observer au col de la Colombière le Gypaète barbu, le plus grand vautour européen dont l'emvergure peut atteindre près de 3m, dont 4 couples sont établis sur les hauteurs des Aravis (surtout ne prononcer pas le S, pour qu'on ne vous prenne pas pour des Lyonnais!) l'un des 4 lieux de ré-introduction dans l'arc alpin (http://www.oiseaux.net/oiseaux/gypaete.barbu.html). En guettant l'apparition de ce casseur d'os, on a pu observer des vols de chocards à bec jaune, et de craves à bec rouge. Vous pouvez y retourner et faire la randonnée suivante :https://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Ballade-dans-le-massif-des-Aravis-_NG_-2010-07-21-554355, vous y rencontrerez alors des bouquetins peu farouches. Ce fut une après-midi super intéressante, merci Virginie. Nous en avons profité pour faire notre provision de reblochon et de chevrotin (reblochon au lait de chèvre) à la coopérative de Thônes. Le retour vers Sevrier, par soleil couchant sur le lac et la montagne nous a permis de faire de superbes photos. La soirée de ce vendredi a été conclue par un diaporama original sur la faune et la flore des environs. Toutes les photos avaient été faites par la guide qui nous les a présentées elle même, avec passion. On a pu voir évoluer dans leur milieu naturel des cartors, des blaireaux, des renards, des bouquetins, des chamois, des cerfs ainsi que les rapaces déjà cités, mais aussi des lagopèdes alpins, des gélinotes, des grands tetras, des mésanges et des lièvres blancs...

Samedi matin, c'est Aurélien qui nous a accompagnés pour le circuit du Semnoz côté Bauges. La montée s'est faite à travers une belle forêt de hêtres (nom local : fayard) qui commencaient à prendre leurs couleurs d'automne. Au sommet à près de 1700m, la vue est époustouflante. Faut dire que le grand bleu de ciel nous a gatés ! Toute la chaine des alpes se déroulait devant nous, depuis le jura, jusqu'au Vercors. Le majestueux massif du Mont Blanc, en arrière plan du massif des Aravis, au loin, les sommets suisses ou italiens puis les aiguilles d'Arves, les massifs de La Meige et des Ecrins. A 360°, on pouvait distinguer le massif central, la plaine du Rhône et le Jura. Sublime ! Sur le chemin du retour, nous avons fait une halte à la Basilique de la Visitation qui abrite les sépultures de St François de Sales et de Ste Jeanne de Chantal, fondateurs de l'ordre de la Visitation.

Samedi après-midi, c'était la grande fête à Annecy, célébrant la descente des alpages. Près de 100000 personnes y étaient attendues ! Dans la vielle ville on a pu voir défiler divers groupes folkloriques, mais surtout les troupeaux de vaches des 3 races montagnardes, des toupeaux de chèvres, de moutons, d'oies et les chiens gardiens des troupeaux étaient aussi à l'honneur. On a pu admirer les anciennes demeures, les passages couverts, les ponts de cette vieille ville parcourue de canaux qui en font tout son charme.

Dimanche matin, Claire nous a accompagné pour faire le tour du lac et visiter Talloires, au pied des dents de Lanfon (1824m) et de la Tournette 2351m). Claire est un guide ancien professeur d'histoire - géographie. Elle nous a tout expliqué, avec passion et compétences, sur la géologie du lac et des massifs environnants ! Les anciens géologues et géophysiciens d'IFP ont pu apprécier. Sans oublier son admiration pour le célèbre Marc Vera !!! Le circuit au travers de ce superbe village de Talloires a été très plaisant. Rodolphe III de Bourgogne et sa femme donnent en 1018 le domaine de Talloires à l'Abbé Bénedictin Itier de Savigny, qui y envoie 4 moines , Ismius, Ismidon, Ruph et Germain. Le premier prieur Germain, y vécut en ermite de 1033 à 1060 dans une grotte au dessus du village. L'abbaye dépendait de Cluny. Les bâtiments actuels ont été érigés en 1681. Aujoud'hui un hotel 4* occupe l'Abbaye. On peut visiter certaines parties, le cloître, la salle de prière qui accueille des expositions. Il fut notamment réquisitionné par l'état français pour heberger provisoirement le dictateur Jean Claude Duvallier. Mais Talloires est aussi la patrie de naissance du chimiste Bertholet, inventeur de l'eau de Javel. C'est aussi un lieu de vigélliature dès 1860 pour l'impératrice Eugénie et la jet set de l'époque. Le physicien français Gabriel Lippmann (prix nobel de physique) réalisa en 1902 les premiers clichés de photographie en couleur dans le cloître de l'abbaye. Puis nous avons repris notre tour du lac en autocar, en croisant régulièrement la piste cyclable quasi continue depuis Annecy (environ 30km). Nous avons pu apercevoir la roselière sur la partie sud du lac. Cette année, à cause de la sècheresse, le niveau du lac a baissé de près de 80cm. Il ne faut pas trop s'en alerter . En effet, autrefois, avant la mise en place d'un trop plein de régulation, le niveau du lac variait assez fortement selon les saisons. La mise en place d'un trop plein variable a permis de mieux maitriser les risques d'inondations en aval, mais a entrainé des variations de niveau plus faible. Ce qui a eu tendance à faire rétrograder la taille des roselières. Aujourd'hui cette sécheresse est inquiétante surtout pour les poissons des affluents du lac qui sont quasiment à sec. Le lac lui continue à être alimenter par la source sub-lacustre du Bourbioz en son point le plus bas vers -80m. Sa profondeur moyenne étant d'environ 40m. Pas d'inquiétude, dès les premières pluies le niveau va ré-augmenter. Rappelons que ce printemps, suite à la fonte des neiges et aux pluies abondantes, le niveau avait dépassé sa cote d'alerte avec les trois vannes ouvertes en grand. Après avoir fait le tour du petit lac, partie au sud de la presq'ile de Duingt nous avons pu apercevoir le château de Ruphy ou châteauvieux sur sa pointe.

Puis après notre dernier repas au balcons du lac, nous avons rejoint le site de l'entreprise Paccard, fondeur de cloches depuis 1796. Notre guide ou plutôt notre conteur, nous a fait vivre l'épopée de cette famille. C'est la 7ème génération qui œuvre actuellement à la tête de l'entreprise. Plus de 120000 cloches et carillons ont été vendus dans le monde entier. La plus grosse cloche en volée du monde a été réalisé pour l'an 2000, pour une entreprise américaine. Elle pèse 33 tonnes.Les étapes de la coulée d'une cloche n'ont presque plus de secrets pour nous, depuis la fabrication du noyau, la pose de la fausse cloche, qui tient sur le noyau la place qu'occupera plus tard le métal, la réalisation des ornements et inscriptions en cire d'abeille posés en relief sur la fausse cloche, puis la fabrication de la chape (coquille extérieure du moule, en argile armé par de la filasse), par dessus la fausse cloche, enfin la cuisson de l'ensemble permet de durcir le noyau et la chape et faire fondre les ornements et inscriptions qui laissent leurs empreintes dans la chape. On peut ensuite soulever la chape pour enlever la fausse cloche. Une fois la chape repositionnée, le moule de la couronne ajusté sur celui de la cloche, la coulée peut être commencée, sans oublier d'avoir pratiqué des évents pour éliminer l'air et les gaz de combustion. Le bronze utilisé est un alliage à 78% de cuivre et 22% d'étain. La coulée s'effectue à 1200°C. Vous trouverez tous les détails de fabrication à :http://cornille-havard.com/la-fonderie/une-cloche-de-a-z/. La note d'une cloche dépend principalement de son poids. C'est l'accordeur qui, par son savoir faire, va choisir à quel endroit et sur quelle profondeur il faudra enlever du métal par meulage intérieur. http://www.cloches.org/31.html

 

Quelques réalisations remarquables de l'entreprise Paccard :

  • 1891 : la savoyarde du Sacré-Coeur qui demeure la plus grosse cloche de France (18,8t)

  • 1914 : la Jeanne d'Arc, un bourdon de 16t pour la cathédrale de Rouen

  • 1950 : la Liberty Bell, réplique de la cloche qui sonna l'indépendance des Etats-Unis en 1776.

  • 1986 : Markham (Canada) la plus grosse sonnerie en volée du monde

  • 1993 : le grand carillon de Chambery

  • 1998 : la Cloche de la Paix, plus grosse cloche en volée du monde (33t)

  • 2000 : la Cloche du Mont Valérien

 

Christian, notre chauffeur, est venu un peu écourter la visite qui se prolongeait tant notre conteur nous passionnait. En effet, il fallait être à Lyon Part-Dieu avant 19h et la circulation de ce côté du lac peut être difficile. On a donc quitté Annecy avec regret après 3 jours de visites intenses et forts enrichissantes, de partages de souvenirs professionnels et de vie entre collègues Solaiziens et Rueillois. Je crois pouvoir affirmer que nous étions tous enchantés par ce temps passé ensemble et nous avons tous envie de refaire régulièrement des sorties semblables.