Raffinage : Total investit 600 millions d’euros « pour préparer l’avenir »

2015-04-21T10:59:31+00:00

Total Anvers / Ed Alcock / MYOP DiffusionTotal a annoncé qu’il allait investir 200 millions d’euros à La Mède « pour transformer le site et notamment créer la première bio-raffinerie française », et 400 millions d’euros à Donges « pour moderniser le site afin de lui assurer de nouveaux débouchés rentables ». L’idée force « est de remettre nos activités industrielles, notre offre, en phase avec les évolutions des marchés », a affirmé Patrick Pouyanné, le directeur général de Total, lors de la présentation, jeudi 16 avril, d’un plan pour le raffinage en France.

Si les trois raffineries de Gonfreville (Haute-Normandie), Grandpuits (Seine-et-Marne) et Feyzin (Rhône) « ont démontré en 2013 et 2014 (…) leur capacité à dégager des résultats positifs durables », celles de Donges (Loire-Atlantique) et La Mède (Bouches-du-Rhône) « sont devenues structurellement déficitaires », a rappelé le dirigeant (photo). L’objectif est de ramener le point mort de ses raffineries à 20 dollars/tonne, alors que Donges se situe actuellement entre 25 et 30 dollars/tonne et La Mède est à 40 dollars/tonne.

Concrètement, La Mède deviendra la première bio-raffinerie française, »l’une des plus grandes d’Europe », pour répondre à la demande croissante de bio-carburants, tout en en arrêtant, en 2016, le traitement de pétrole brut. Quant au site de Donges, il sera modernisé afin de produire « des carburants moins soufrés et conformes aux évolutions des spécifications européennes ».

« On se bat pour que le raffinage ait un avenir dans notre pays », a martelé Patrick Pouyanné, lors de la présentation à la presse de son plan de restructuration. Ces investissements « majeurs » doivent également permettre d’améliorer le résultat financier du groupe. Pour ce qui est des deux sites concernées, les résultats de Donges devraient ainsi passer de « – 30 à – 50 millions d’euros par an, à + 50 millions d’euros », et ceux de La Mède de « – 150 millions d’euros à + 20 millions d’euros », a également précisé le directeur général de Total.

« Nous avons fait notre travail sur le marché européen pour réduire les surcapacités, j’attends que nos concurrents fassent le leur », a-t-il ajouté. Avec la réduction de la capacité de sa raffinerie de Lindsey (Royaume-Uni), annoncée  en février dernier, Total aura ainsi menée à bien à l’horizon 2017, « l’adaptation de son outil industriel européen au marché et réduit ses capacités de raffinage-pétrochimie de 20 %  en 2017, comme il s’y s’était engagé en 2012″, a précisé le groupe.

Raffinage : Total convertit La Mède aux biocarburants

Afin de « restaurer durablement la compétitivité »de son site de La Mède (Bouches-du-Rhône), Total va investir 200 millions d’euros pour y créer la première bio-raffinerie française. Le groupe y maintiendra cependant « les synergies avec la pétrochimie tout en développant des activités porteuses »

A la fin de l’année 2016, le site de La Mède, qui accuse selon les dirigeants de Total une perte de 150 millions par an depuis 5 ans, cessera le traitement de pétrole brut. Après la transformation de certaines de ses unités, le site produira 500 000 t/an de biodiesel, grâce au raffinage d’huiles usagées et d’huiles végétales.

Pour cela, le groupe a choisi « une nouvelle technologie française fournie par Axen’s (filiale du groupe IFP Energies nouvelles, NDLR) qui permet de produire un biodiesel (HVO) de grande qualité qui se mélange parfaitement au diesel, sans aucun impact sur la qualité du carburant ou sur les moteurs, et sans limite d’incorporation », ont précisé les dirigeants de Total lors de la présentation de leur plan pour le raffinage en France.

Cette transformation « s’inscrit ainsi dans une dynamique d’avenir, en phase avec (notre) volonté de prendre une part active au développement des énergies renouvelables, notamment de la biomasse (…) », poursuit le groupe, qui rappelle notamment que l’Union européenne a fixé un objectif de 10 % d’énergie renouvelable dans les transports en 2020.

Par ailleurs, cette évolution de la production du site de La Mède « n’aura pas d’impact sur la pétrochimie locale », a estimé Philippe Sauquet, directeur de la branche raffinage-chimie de Total. Le groupe va maintenir en effet les unités de raffinage (reformeur) pour la production d’hydrogène. Il développera également son activité de jet fuel pour l’aviation civile en visant 30 % du marché européen à partir du site de La Mède.

Le groupe pétrolier a aussi annoncé le développement d’une plateforme de logistique et de stockage (1,3 million de m), « qui contribuera à l’activité du Grand Port de Marseille », la construction d’une ferme solaire photovoltaïque de 8 MW (technologie SunPower, filiale de Total) et d’un atelier de production d’AdBlue (additif pour les moteurs diesel), et enfin, la création d’Oléum Sud, une école de formation orientée notamment vers les métiers de l’E&P.

Pour ce qui est de l’emploi, Total s’est engagé à maintenir « sans licenciement »250 postes sur les 430 postes présents aujourd’hui sur le site. Il compte notamment sur « des départs anticipés en retraite, des offres de postes sans mobilité géographique contrainte pour les salariés non-cadres (…) et des mutations de cadres ».

Image : Total-François Lacour (cracking catalytique/La Mède)